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Publié dimanche 8 juin 2014 08:09 4580 Lectures

Entretien avec Bariza Staïfia : «Je compte reprendre la comédie»

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Connue pour la puissance de sa voix, Bariza Staïfia a pu imposer sa présence sur la scène algérienne au début des années 1980. Dans cet entretien, elle partage avec les lectrices d’Algerielle ses passions pour la chanson et la comédie et elle dévoile quelques-uns de ses projets. Lisons.

Vous êtes originaire de Beïda Bordj mais vous avez grandi dans le quartier de Laâqiba, à Alger, chez votre sœur. La passion de la musique, vous la cultivez depuis votre jeune âge. Pouvez-vous revenir sur vos débuts pour les lectrices d’Algerielle ?


Tout a commencé à l’école. En fait, quand j’étais toute petite, je voulais être chanteuse. A chaque fois, je disais à mes camarades qu’à l’avenir, je serais artiste. Je rêvais aussi d’être journaliste, un métier que j’aurais aimé exercer. Mais le destin a voulu que je devienne artiste et je compte parmi mes amis beaucoup de journalistes. Je vous avouerais que j’ai souffert suite au décès de ma sœur et du fait que ma famille ne voulait pas que je sois chanteuse. Face à tous ces problèmes, j’ai arrêté le lycée.

Vous avez brusquement arrêté vos études après le décès de votre grande sœur. C’est pratiquement à la même époque que votre passion pour la musique a commencé à prendre le dessus. Parlez-nous de ces passages que vous faisiez par la rue Hoche.

Le décès de ma sœur m’a vraiment perturbée. De ce fait, j’ai quitté le lycée et je n’ai pas passé mon bac d’autant que son décès a coïncidé avec la période des examens. En tous les cas, mes débuts n’étaient pas faciles, je n’ai pas trouvé la vie rose contrairement à d’autres artistes. J’ai aimé la chanson et j’étais attirée par le style staïfi. Mon passage à la radio, c’était la belle époque. J’ai participé à l’émission « Diwane wa Alhane » de Djaffar Bek. J’ai participé à cette émission toute jeune avec Meriem Wafa, Teldja et j’ai participé avec la chanson « Ayay Ayay », paroles de Abderrahmane Kacem. Après cela, j’ai enregistré plusieurs chansons et cela remonte aux années 1980. J’ai aussi participé à la tournée de l’inspecteur Tahar avec de  grandes voix et des artistes de talents  comme Nadia Taleb, Mama Messaouda, Mohamed Rachedi, Dahmane El-Harrachi,… Cette époque m’a vraiment marquée et je dois vous avouer que vous m’avez fait rappeler de bons souvenirs.

C'est Mahboub Bati qui a découvert votre voix. Comment vous a-t-il encouragée à vous lancer dans la voie de la chanson ?

Effectivement, le maître Mahboub Bati m’a beaucoup encouragée en écoutant ma voix. D’ailleurs, c’est grâce à lui que j’ai percé. Il m’a fait enregistrer six albums à savoir « Rah Rah Lil », « Rabi Yfaradj », « Ya Balaradj »,…D’ailleurs, l’un de mes clips tourné par Bachir Belhadj a décroché le premier prix en Tunisie en 1996. Je tiens à souligner encore que c’est grâce à Mahboub Bati que plusieurs artistes ont connu une réussite dans leurs parcours artistiques. Il était le parolier et le compositeur de plusieurs artistes, il a écrit et composé pour de grands artistes comme Zoulikha, Wafia, etc.

Parlez-nous de votre premier album dans le genre chaoui. C’est Mahboub Bati qui vous a conseillé de vous lancer dans ce style ?

Mon premier album était, en effet, dans le style chaoui et il a eu un grand succès. Et c’est grâce à des chansons comme «Moul Chach», «3amar Ya 3amar» ou  «Narak Bounarine» que j’ai pu me faire un nom et devenir connue sur la scène algérienne. C’est à partir de ce moment que j’ai commencé à animer les fêtes car j’étais très sollicitée. Cet album est sorti durant la période où l’Algérie vivait en plein terrorisme, une période difficile pour les artistes mais cela ne m’a pas empêchée de rester dans mon pays et d’être toujours présente sur la scène artistique. Mon premier concert a eu lieu à Bouira puis, j’ai animé d’autres concerts dans des régions isolées malgré l’insécurité.

Après Mahboub Bati qui a signé vos premiers albums contribuant ainsi à votre succès, une autre rencontre aura une suite décisive sur votre carrière, en l’occurrence celle de Hadj Mohamed Lahbib Hachelaf. Pouvez-vous nous en parler ?

Je dois un grand respect à ce grand maître (Allah yerrahmou). Il m’a beaucoup aidée dans ma carrière artistique et cela a commencé lorsqu’il a découvert ma voix, en allant lui rendre visite dans son bureau avec Maâti El-Bachir et Teldja. Il m’a accueillie chaleureusement. Vous savez, je dois un grand respect aux maîtres. Ils étaient corrects et aimaient leur travail. Je dois aussi une grande reconnaissance à Faïza Dziria avec qui j’ai commencé à animer les fêtes. Je dois aussi une part de ma réussite à plusieurs artistes qui m’ont aidée comme les gens qui travaillaient au comité des fêtes d’Alger et qui m’ont permis de participer, en étant toute jeune,  à l’émission de Abderlkader Talbi, en compagnie de Teldja, Zoulikha, Ghalia, Noura et Saloua, etc. Je dois également une part de ma réussite à Khelifi Ahmed, ce maître incontesté de la chanson bédoui saharienne qui m’a encouragée surtout lors des tournées que nous faisions ensemble.  

Vous avez multiplié les tournées en Algérie et même en France. La tournée au sud avec les grandes voix de la radio s’est passée comment ?

Oui c’était bien, cette époque était aussi marquante pour moi, j’ai beaucoup appris avec ces grandes voix et je tiens à préciser aussi que j’ai fait plusieurs villes d’Algérie (Bouira, Annaba, Khenchela, …), et même la France où je me suis établie pendant trois ans.

Vous avez joué dans plusieurs feuilletons. Comment êtes-vous arrivée à la comédie ?

Oui, j’ai fait du cinéma où j’ai incarné plusieurs rôles cinématographiques dans des films comme « Raï » de Sid-Ali Fettar,  «El-Wakala» de Mohamed Bouamari en 1998 en compagnie de  Mohamed Bouamari, Khalti Nouria, Bahia Rachedi, et le film «Wadjh El-Sahira» et la «Sorcière» de Achour Kessai.

Cinéma, télévision, chanson. Comment parveniez-vous à vous départager et à vivre vos multiples passions ?

Je vous dis sincèrement que cela ne m’influence pas négativement sur mes devoirs à la maison. Au contraire, je m’organise bien avec mon travail. Et quand j’ai le temps, je lis des romans, comme celui de Tahar Ouettar et Abdelahamid Benhaddouga ainsi que les contes des prophètes.

Depuis quelques années, vous vous faites rare dans le domaine de l’interprétation, vous vous consacrez plus à la chanson. Est-ce que vous avez définitivement dit adieu à la comédie ?

Non, je vais reprendre la comédie. Au début, j’ai arrêté la comédie parce que je n’avais pas le  temps pour faire du cinéma. Il faut en effet beaucoup de temps pour lire le scénario, il faut se déplacer et avec mes rendez-vous de fêtes, je ne pouvais pas le faire sans bousculer mon emploi du temps. Maintenant, je vais reprendre la comédie parce que j’aime me glisser dans la peau d’autres personnages. Je vais peut être me consacrer à cela en hiver, la période où je n’anime pas trop de fêtes.

Quels sont vos projets ?

A propos de mes projets, je vais animer des tournées  artistiques (incha'Allah) à Cannes sur Mer à Toulon (France), de même que je compte partir au Maroc et en Tunisie pour animer des soirées artistiques. En Algérie, je vais participer durant le mois du Ramadhan à des qaâdate artistiques qui seront diffusées  à la télévison algérienne (El-Ardhia, A3 et Canal Algérie) ainsi que sur les chaîines privées (Echourouk TV et Dzair TV).

Entretien réalisé par Kamir B.