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Publié dimanche 27 avril 2014 08:38 5254 Lectures

Entretien avec l’actrice Farida Krim : « J’ai commencé au théâtre radiophonique »

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Farida Krim, une figure connue du petit écran et une enfant du théâtre radiophonique. Dans cet entretien accordé à Algerielle, elle revient sur ses 50 ans de carrière. Une rencontre avec une artiste généreuse et talentueuse. Lisons.

Farida Krim, bien que vous soyez une figure connue du petit écran, les lectrices d’Algerielle aimeraient connaître votre parcours artistique ?

Premièrement, je salue les lectrices d’Algerielle et je leur dis que Farida Krim est une actrice algérienne, une femme qui aime son pays, une grande admiratrice du cinéma et une fille du théâtre radiophonique, plus précisément de la chaine 1. J’ai commencé, en fait, ma carrière en 1963 en participant à l’émission radiophonique enfantine « Djanat El-Atfal »  de Mohamed Bouteldja. J’y incarnais le rôle d’une petite fille, en compagnie de Zoheir Abdellatif. Après cela et toute petite, j’ai continué dans des émissions radiophoniques avec Ali Abdoun, Ali Fadhi,... Mes débuts remontent donc à l’époque où j’avais environ 10 ans et j’ai persisté dans l’art à peu près 50 ans.

Le public a plus particulièrement en tête votre rôle dans « Djem3i family » où vous campiez le personnage de « Khalti Boualem », ce surnom semble vous coller désormais à la peau ?

(Rires). Evidemment, tout le monde a aimé le rôle de « Khalti Boualem », femme « Redjla » comme en dit en dialecte algérois. D’ailleurs, après ce rôle, tout le monde m’interrogeait dans les rue, au marché,... sur comment j’ai pu jouer ce rôle ? Mais tout le monde a aimé « Khalti Boualem ». En fait, si j’ai bien réussi à camper ce personnage, c’est aussi grâce  à Djaffar Gacem. Bien sûr, j’ai aimé me fondre dans ce rôle même si, au début, j’étais réticente lorsque le réalisateur m’a proposé l’idée. J’avais peur de ce rôle qui demandait beaucoup d’efforts. Cependant, j’avais l’ambition de prendre ce rôle surtout après la mort de Khalti Khouhka que Dieu ait son âme. Je voulais donc à travers ce personnage montrer le courage et le combat d’une femme masculinisée au sein de la société algérienne et dévoiler aussi l’aspect « Redjla » d’une femme qui avance toujours (rires). Et j’ajouterais que, dans ma carrière professionnelle, j’aime bien les rôles de compositions. J’ai interprété par exemple, dans un feuilleton, le rôle d’une mère qui voulait à tout prix que sa fille (Asma Djermoune) ne se marie pas et qui vers la fin du feuilleton devient folle, en portant la robe blanche à sa place. J’ai aussi incarné des personnages de femme méchante dans « Taman El Hob » et j’adore aussi les histoires dramatiques où la peur, les larmes, se mélangent aux effets dramatiques.   

A l’écran, vous interprétez souvent des personnages dramatiques. N’aimeriez-vous pas vous retrouver dans plus de rôles dynamiques, drôles ?

Bien sûr, j’aime les rôles dynamiques qui attirent l’attention du public. Je suis actrice et j’aime bien divertir mon public. Ce public qui demande la joie et le rire. Je tiens à dire que c'est grâce au théâtre radiophonique que je suis aujourd’hui comédienne. D’ailleurs, la plupart des comédiens qui ont fait du théâtre radiophonique ont, aujourd’hui, leur place dans l’art. J’ajouterais que  le comédien doit être dynamique dans ses rôles car la passion seule ne suffit pas dans une carrière pour franchir les barrières qu’il rencontre. Il doit toujours être à la hauteur et pour cela, il doit suivre des études académiques.      
Y'a-t-il un réalisateur avec lequel vous aimeriez travailler ?

J’aime bien  travailler avec Djaffar Gacem. D’ailleurs, nous avons travaillé ensemble dans « Djem3i Family » et « Nass Mlah City ». Je le trouve très sérieux et ponctuel dans son travail. Il est toujours attentif et il sait comment diriger ses acteurs sur le plateau avec calme, sans stress ni énervement. Quand quelqu’un fait une erreur, il le corrige sagement sans attirer l’attention des autres. Et je dirais que ceux qui ont travaillé avec lui ont bien réussi dans leur carrière.  

Avez-vous été tentée par l’expérience théâtrale ? Si oui, que préférez-vous le 7ème art ou le 4ème art ?

Oui, comme je vous l’ai dit plus haut, j’ai commencé avec le théâtre radiophonique à l’âge de 10 ans avec aâmi Ali Fadhi, Mohamed Oueniche, Mohamed Kechroud,… En 1959, j’ai rejoint l’orchestre de la radio avec Mohamed Bouteldja. Je suis aussi chanteuse (rires). J’aime le cinéma et j’aime vivre tous les personnages avec leurs variations : gentille, méchante, mauvaise, etc. Mais j’aime plus le théâtre radiophonique car c’est mon école d’inspiration.  

Aujourd’hui, vous êtes à la radio. Y avez-vous une émission régulière ?

J’anime l’émission « Bouraka » à la radio avec Hamid Achouri, une émission de divertissement diffusée pendant le mois du Ramadhan et à travers laquelle nous recevons des appels d’auditeurs et nous leur proposons des recettes, des Bouqalate. Dans chaque numéro, nous invitons aussi un chanteur ou une chanteuse et nous évoquons sa vie artistique et ses inspirations. Je trouve cela très intéressant pour alléger le temps durant ce mois de jeûne. C’est bien d’animer ce genre d’émission qui sert à divertir les auditeurs qu’il soient à son domicile ou au volant. Il arrive qu’ils nous appellent tout en étant dans leur véhicule et ils nous demandent de leur faire passer des recettes surtout les femmes, pour leur apprendre comment cuisiner. C’est Hamid Achouri qui m’a proposée de participer avec lui à cette émission et cela fait 7 ans que nous travaillons ensemble.

Durant le mois du Ramadhan passé, vous avez été piégée par une caméra cachée où vous vous êtes retrouvée en face d’un homme armé qui menaçait une jeune femme qui lui avait extorqué de l’argent. Vous avez fait preuve de beaucoup de calme et de sagesse. Vous êtes toujours ainsi dans la vie, fonceuse, rien ne vous fait peur ?


Bien au contraire, j’avais une peur de chat. D’ailleurs, cela s'est traduit par des cauchemars la nuit. J’en ai été très malade. J’espère ne pas tomber cette année dans ce genre de canulars (rires). Ce qui m’a choquée le plus, c’est quand j’ai été piégée dans un salon de coiffure. J’étais assise et, subitement, un nain déguisé me tombe du ciel ! J’ai été si effrayée que j’ai crié de toute mes forces, j’étais hors de moi. C’est vrai que je suis fonceuse dans la vie mais parfois ces petites choses me font très peur et me mettent hors de moi. (rires)  

En dehors de la télé ou de la radio, quelles sont vos autres passions ?

Je n’ai aucune autre passion, je suis entre la Radio et la comédie.

Des projets en vue ?

Je suis actuellement à Oran sur le tournage d’une série comique « Boudhou » qui sera diffusée cette année au mois de Ramadhan avec Toulati El-Amdjad, avec Bakhta, Houari et Abdeka et en compagnie d’une pléiade de comédiens et comédiennes comme Souad Sebki, le Farid Rockeur et d’autres encore. J’y incarne le rôle de la mère de Bakhta.

Un dernier mot pour les lectrices d’Algerielle ?

Je leur dis que je les aime beaucoup, en espérant qu’elles passent un bon Ramadhan.

Entretien réalisé par Kamir B.



Source : Le Point.fr