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Publié jeudi 27 octobre 2011 15:48 2288 Lectures

Isabelle Eberhardt, la fascinante algérienne

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Isabelle Eberhardt (17 février 1877 à Genève - 21 octobre 1904 à Aïn-Sefra, Algérie) est une écrivaine suisse , et Française par mariage.

Fille illégitime, née d'une mère allemande de Russie, Nathalie Moerder (née Eberhardt), exilée et mariée au général Pavel de Moeder, et d'un père né en Arménie, Alexandre Trophimowsky, anarchiste, ex-prêtre converti à l'Islam. Elle s'installe à Bône avec sa mère en 1897 et toutes deux se convertissent à l'Islam. Aux côtés des indigènes, elle prend le parti de la lutte violente contre le pouvoir colonial français, décide de vivre comme une musulmane et s'habille en homme algérien. Elle s'installe tout d'abord à Batna dans les Aurès en 1899 où l'on peut encore voir la maison qu'elle a longtemps habitée et qui tombe en ruines.

C'est la raison pour laquelle des Batnéens tentent de se rassembler pour tenter de sauver ce patrimoine algérien et européen. Après la mort de sa mère, elle vit plusieurs mois en nomade et rencontre Slimane Ehnni, musulman de nationalité française, sous-officier de spahi. Lors d'un passage par le village de Behima (actuellement Hassani Abdelkrim) accompagnant Si El Hachemi chef religieux de la confrérie des Kadiryas, elle est victime d'une tentative d'assassinat le 29 janvier 1901. La même année elle épouse Slimène (après avoir été contrainte de quitter l'Algérie par les autorités coloniales en 1900), et obtient ainsi la nationalité française.

Son mariage lui permet de revenir en Algérie, où elle collabore au journal arabophile Akhbar. Elle est envoyée à Aïn Sefra comme reporter de guerre pendant les troubles près de la frontière marocaine. Elle côtoie Maxime Noiré qu'elle qualifie de « peintre des horizons en feu et des amandiers en pleurs ». En novembre 1903, à Beni Ounif, elle fait la connaissance du général Lyautey qui apprécie sa compréhension de l'Afrique et son sens de la liberté. Le 21 octobre 1904, à Aïn Sefra, l'oued se transforme en torrent furieux et la ville basse, où elle résidait seulement depuis la veille, est en partie submergée. Slimane est retrouvé vivant, mais Isabelle périt dans la maison effondrée. Elle repose dans le petit cimetière musulman Sidi Boudjemaâ à Aïn Sefra.

Ses récits ont été publiés après sa mort et présentent la réalité quotidienne de la société algérienne au temps de la colonisation française. Ses carnets de voyage et ses journaliers rassemblent ses impressions de voyage nomade dans le Sahara.

Œuvres:
•  Sud Oranais, 1905, J. Losfeld, Paris, 2003
•  Notes de route, 1908
•  Pages d'Islam, 1908
•  Trimardeur, 1911
•  Dans l'ombre chaude de l'Islam, 1921
•  Mes Journaliers, 1923
•  Amara le forçat, l'Anarchiste, 1923
•  Au Pays des sables (1re édition sous le titre Contes et paysage, 1925), J. Losfeld, Paris, 2002
•  Ses œuvres complètes ont été éditées à la fin des années 1980 :
•    Lettres et journaliers, présenté et commenté par Eglal Errera, Arles, éd. Actes Sud, 1987.
•    Écrits sur le sable, édité par Marie-Odile Delacour et Jean-René Huleu, Paris, éd. Grasset, 1988-1989.

http://fr.wikipedia.org


"Dans l'air chaud, des senteurs connues traînaient les senteurs du pays bédouin, aux soirs d'été : fumée de thuya ou de genévriers, odeurs de peaux de bouc, de goudron, de chairs bronzées en moiteur.
Et moi, je goûtais la volupté profonde de la vie errante, la joie d'être seule, inconnue sous le burnous et le turban musulmans, et de regarder en paix le jour finir en des lueurs rouges sur la simplicité des choses, dans ce village où rien ne me retenait, et que j'allais quitter à la tombée de la nuit"

Isabelle Eberhardt, extrait « Notes de route ».