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Algérielle en Arabe | jeudi 21 septembre 2017

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Accueil Société Ma vie en Algérie La femme algérienne n’a pas de style !

Société > Ma vie en Algérie

Publié jeudi 9 février 2017 09:41 2831 Lectures

Société : l’indépendance, c’est bien…la liberté, c’est mieux

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La femme algérienne accède progressivement a toujours plus d’autonomie : elle travaille, elle conduit, a une vraie place de leader dans la société.

Mais cette autonomie grandissante lui a-t-elle permis d’être plus libre ? Pas forcément.

 

Un travail pour gagner de l’argent…

Les femmes sont toujours plus nombreuses à travailler et donc à gagner leur vie. Quel bonheur d’avoir son propre argent, de pouvoir se faire plaisir sans avoir rien à demander à personne ! Oui mais…

Plus les femmes gagnent d’argent, plus elles en dépensent : un peu pour elles, mais aussi beaucoup pour les autres. Leurs parents quand elles ne sont pas mariées, puis après le mariage pour les enfants, la maison, les soins de santé, les assurances…

Parmi celles que nous avons interrogées, nombreuses sont celles qui se plaignent d’assumer (parfois seules) des charges financières qui incombaient autrefois uniquement à l’homme. En effet, certains hommes font preuve de mauvaise foie avec leur épouse quand il s’agit d’argent. Ils usent et abusent de leur position dominante pour « confisquer » le salaire de leur femme, sans que celle-ci n’ait rien à dire. Ils invoquent le fait que puisqu’elles travaillent, il est normal qu’elles participent comme l’homme aux dépenses du ménage.

Mais pourtant le déséquilibre est bien réel, en défaveur des femmes.

Latifa, 37 ans, nous raconte : « il paie seul le crédit de l’appartement et trouve alors normal qu’il soit à son seul nom. Quant à moi je règle les courses, les assurances, la crèche des enfants…des dépenses courantes dont il ne reste aucune trace. Et il raconte à qui veut l’entendre que mon salaire n’est qu’un appoint pour boucler les fins de mois. 70 000 DA par mois, un appoint ?! J’ai vraiment l’impression de me faire avoir.

 

Une voiture pour être autonome

La voiture est l’emblème de la liberté par excellence : on peut aller où l’on veut, quand on veut…vraiment ?

Romaissa, 28 ans, nous explique : mon mari réglemente strictement mes déplacements en voiture. Du coup je n’ai le droit de la prendre que pour aller au boulot, au marché, aller chercher les gosses à la crèche,…que des trucs super sympas comme vous pouvez le constater !

Il n’est pas question de se rendre l’été à la plage seule avec les enfants, ou d’aller faire du shopping avec les copines, « qu’en diraient les gens ? ».

L’emblème de l’autonomie est devenu celui de l’asservissement: il me fait faire toutes les corvées qu’il ne veut pas accomplir, comme aller payer les factures, mais pas question d’aller faire un tour.

 

Ré- éduquer l’entourage 

Les Algériennes ont donc accédé aux outils de l’autonomie mais elles ne sont pas vraiment plus libres pour autant.

Il y a encore un gros travail à faire pour que les autres, à commencer par les hommes (pères, frères, maris…), comprennent que nous avons le droit de décider de la destination de l’argent que nous gagnons. Que comme eux, nous nous donnons de la peine pour le gagner et que nous sommes assez matures et responsables pour savoir comment le dépenser.

Etre libre, c’est avoir le choix : le choix d’où va notre argent, le choix d’où nous allons.

L’idée que la femme est frivole et qu’elle a besoin d’être dirigée, encadrée est très ancrée dans notre société. Alors elle doit rester sous surveillance, tout le temps.

Elle n’a que l’illusion de la liberté, mais elle n’a la maîtrise réelle ni de ses biens, ni de ce qui fait l’essence même de la liberté : le choix.

 

Sonya