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Publié dimanche 26 juin 2011 14:46 8063 Lectures

Quand l’amour fait mal

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Une vie sexuelle épanouie contribue grandement au bonheur du couple. Cela dit, quand la douleur s'invite dans la chambre à coucher, rien ne va plus !
On dit que « l’amour fait mal», et cela est parfois à prendre au sens organique du terme. Afin de  mieux comprendre  les troubles sexuels  féminins  à l’origine des « douleurs de l’amour »,
Algerielle vous  explique tout  sur le vaginisme et la dyspareunie.

Le vaginisme est : une contraction réflexe, involontaire (donc incontrôlable), des muscles situés autour du vagin. L'orifice vaginal, bien que tout à fait normal, empêche toute pénétration. Conséquence, toute tentative de pénétration en dépit d'un vaginisme entraîne d’intenses douleurs. Une métaphore que l’on doit à Kroger le représente très bien :
"Le vaginisme est à l'intromission du pénis ce qu'est le clignement de l'œil à la pénétration du moucheron".
Le vaginisme est dit primaire s’il survient d’emblée au premier rapport. Il est dit secondaire s’il apparait après une période où le couple n’a pas rencontré cette difficulté. Très invalidant et anxiogène, le vaginisme devient vite un handicape qui pèse lourd dans la vie de celle qui en souffre.

On entend parfois parler du « Rbat », un « sortilège » pratiqué autrefois sur les jeunes filles célibataires. Il avait pour but de protéger l’hymen de toute défloration, désirée ou non...Evidemment, penser que le sortilège fonctionne par magie est pure sottise, cependant, comprendre comment apparait le vaginisme permet d’élucider le mystère autour de certains cas de « réussite » du rbat.

Ce trouble (le vaginisme) n’est ni d'origine purement organique, ni d’origine hormonale. Il est donc quasi-exclusivement d’ordre psychologique : il est dû à grande phobie de l'acte sexuel, qui est considéré par la patiente (que ce soit de manière consciente ou non) comme étant menaçant, voire dangereux. Le vaginisme est ainsi un mécanisme de  défense qui puise le plus souvent ses sources dans un passé lointain marqué par :
- Une expérience sexuelle traumatisante, comme un abus, ou un viol.
- Une éducation sexuelle rigoriste basée sur les tabous.
- La peur d’avoir mal ou de tomber enceinte.
- Un ensemble de peurs que les parents transmettent à leur fille, et qui se cristallisent pendant le rbat, qui est plus le marqueur de toute une éducation à l’origine du vaginisme, plutôt qu’un sortilège qui agit par lui-même.

Une spécificité redoutable du vaginisme tient dans son ancrage dans le psychisme de la femme. Ainsi, même si elle souhaite plus tard avoir un rapport, le mécanisme de défense enraciné dans son cerveau l’en empêchera. Ceci est très important à comprendre, parce que le vaginisme n’est pas synonyme d’absence de désir.

Le tabou, la honte, l’incompréhension, autant de freins qui retardent la consultation des patientes chez le médecin. Consulter est une solution qui, bien que salvatrice, est souvent peu envisagée par le couple, parfois, c’est après de nombreuses années de mariage non consommé que l’on se décide à aller chez le médecin. Souvent, c’est le désir de concevoir qui les pousse à franchir le pas.

Les traitements existent et donnent de bons résultats, même pour des cas de vaginismes  anciens.

La démarche à suivre commence par une consultation en gynécologie qui permettra d’affirmer le diagnostic  et de répondre aux multiples questionnements de la patiente, souvent inquiète de  sa « normalité physique » et de  sa capacité à concevoir. Le relais sera pris à la suite par un  psychologue ou un psychiatre. Des exercices seront proposés, leur but est l’apprivoisement par la patiente de toutes les parties de son corps, surtout le vagin, qui a souvent tendance à être complètement exclu du schéma corporel. Le couple tentera aussi des pénétrations douces  petit à petit, millimètre par millimètre, jusqu'à dilatation  complète…

La dyspareunie  est quant à elle un trouble sexuel beaucoup plus fréquent! Il s’agit d’une  douleur se situant au niveau du vagin  rendant l'acte sexuel  difficile voire impossible. Des sensations de brûlures ou de tiraillements sont souvent décrites.
Comme pour le vaginisme, elle peut être primaire ou secondaire. Quand la douleur survient systématiquement à chaque expérience sexuelle, on parlera de dyspareunie complète. Si elle apparait lors de manière épisodique, ou pour certaines positions seulement, on parlera de dyspareunie situationnelle.

Conséquence ; Avec toute la bonne volonté du monde, après un certains nombre d'ébats douloureux, l'attitude de la partenaire tendra  à l'évitement du rapport et à une démotivation complète envers l’acte sexuel.
Le cercle vicieux se met très vite en place : 1-Les relations sexuelles de plus en plus espacées accentuent le phénomène et provoquent l’atrophie du  vagin. 2-L’appréhension de la douleur fait se contracter les muscles péri-vaginaux, rendant la pénétration encore plus traumatique. A tout cela s’ajoute l’anorgasmie (absence de plaisir) qui accompagne constamment la dyspareunie.

Les causes de la dyspareunie sont diverses. La dyspareunie peut être d’origine organique, et relève de la médecine, comme elle peut être psychologique, ce qui est le plus souvent le cas.

Origine organique :
- Les mycoses vaginales récidivantes.
- Les infections du col utérin.
- L'atrophie vulvo-vaginale post ménopausique.
- Les déchirures périnéales (beaucoup plus rarement : les épisiotomies), suite à un accouchement.
- Les kystes de l'ovaire.
- L'endométriose.


Origine psychologique :
La Phobie de l'acte sexuel, souvent inconsciente, caractérisée par une peur ou un dégoût profond, et par l’absence de désir sexuel. La femme qui consulte peut prétendre désirer avoir des relations sexuelles, on peut explorera alors qu’elle est sa véritable attitude envers la sexualité, le couple, et la maternité.

-Enfin, il arrive parfois que les douleurs lors des rapports sexuels trouvent leur origine dans une expression somatique d'un conflit avec le partenaire.

Comme pour le vaginisme, le gynécologue demeure  le premier à consulter. En plus de poser le diagnostic,  il permettra d’effectuer un examen gynécologique complet suivi ou non d’un frottis cervico-vaginal qui affirmera ou infirmera  la cause  organique. Si cette dernière est incriminée, un traitement médical sera  proposé. Parfois, les douleurs persistent même après un traitement bien conduit,  cela arrive quand la patiente garde l’habitude de se contracter  lors des rapports, ce qui rend ceux-ci difficiles, et au final, toujours aussi douloureux…alors relax!
Les causes psychologiques quant à elles devront être  traitées à deux. La consultation chez un thérapeute sera  interactive et permettra d’établir  un dialogue entre les conjoints…attention mesdames, si  vous choisissez de consulter seule, veillez à ménager la sensibilité de votre partenaire! Si vous lui expliquez que la cause relève d’un manque de désir de votre part, il prendra cela contre lui, ce qui n’arrangera rien à la situation. La consultation à deux reste donc la meilleure solution afin de trouver les bons mots et rebâtir l’alchimie dans le couple.

Oussama Ziouchi