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Publié jeudi 31 mars 2011 08:44 8857 Lectures

Pourquoi je n’arrive pas à avoir d’enfants ?

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Souvent source d’angoisses, de tensions, voire carrément de ruptures, la difficulté pour un couple à avoir un enfant est un motif fréquent de consultation.

On estime en effet qu’un couple sur sept consultera pour infertilité, souvent confondue avec la stérilité, deux notions  dont nous expliquerons les différences fondamentales.

Quand parle-t-on d’infertilité ? Quelles en sont les grandes causes ?

L'infertilité, qu’est- ce que c’est ?

L’infertilité se définit par la difficulté temporaire pour un couple désireux de procréer, à avoir un enfant.

On parle d’infertilité primaire si cette difficulté concerne le premier enfant, elle est secondaire, si le couple devient infertile après avoir connu une ou plusieurs grossesses. On a le droit de parler d’infertilité qu’après un an de rapports sexuels réguliers et non protégés qui n’aboutissement pas à une grossesse.

Cette notion de temps que l’on s’accorde est très importante, voici quelques repères :

65% des couples conçoivent un enfant dans les 6 premiers mois. 80% d’entre eux y arrivent en 12 mois, et 90% au bout de la deuxième année.

La notion de « régularité » des rapports peut être perçue différemment, quelques repères sont aussi de mise :

Un couple qui a un rapport par semaine a 15% de chance de concevoir à chaque cycle menstruel. Si la fréquence des rapports est de 1 tous les 3 jours, le taux de fécondabilité monte à 31%. Enfin, un couple qui a un rapport sexuel par jour a 68% de chance de concevoir pendant un cycle. Il est à noter que ces repères diffèrent en fonction de l’âge de la femme, ainsi que du moment de l’ovulation. Les chances de concevoir augmentent en effet dans les deux jours qui précèdent l’ovulation.

Et la stérilité ?

Le terme « stérilité » se réfère quant à lui à l’impossibilité définitive d’avoir un enfant pour un couple qui en a le désire.

On estime à 3% la proportion de couples qui sont dans cette situation. Le diagnostic est posé après deux ans d’échecs successifs, bien qu’on ne devrait parler de stérilité qu’à la fin de la vie reproductive du couple.

La spécificité algérienne :

A ne pas perdre de vue, et avant de s’attacher aux causes organiques d’infécondité/stérilité féminine, toujours considérer l’âge de la femme.

La fécondité commence à diminuer dès 25 30 ans, elle s’affaiblit à partir de 35 ans et devient nulle à 45 ans. Cela est dû à une diminution de la réserve ovarienne, et pire, à la détérioration de la qualité des ovules. A cet âge, outre la difficulté à démarrer la grossesse, on note l’augmentation de tous les risques et complications allant de la fausse couche aux malformations congénitales. Le recul de l’âge maternel est pris en compte pour installer rapidement le traitement qui est généralement réservé aux couples qui ont déjà connu deux ans sans grossesse. Enfin, il ne faut pas se reposer sur l’évolution de la médecine pour justifier de retarder sa grossesse après 35 ans, prévenir vaut toujours mieux que guérir.

Les grandes causes féminines :

Elles représentent selon les sources 30 à 40% des causes d’infertilité du couple. Il y a trois conditions nécessaires pour démarrer une grossesse : l’équilibre hormonal, le bon fonctionnement des ovaires (une ovulation normale), et l’intégrité des conduits génitaux. Les causes de stérilité féminines concernent donc l’un de ces trois volets.

En premier lieu, les troubles ou l’absence de l’ovulation, dûe à des désordres hormonaux. Le syndrome des ovaires polykystiques en est la cause la plus fréquente, et sera développée dans un article à part.

Outre les causes endocriniennes, il y a aussi les causes mécaniques, une obstruction bilatérale des trompes empêche le spermatozoïde de rencontrer l’ovocyte, cela peut être la séquelle d’une infection des trompes.

Autres causes connue, les anomalies utérines du type endométriose, fibrome, ou malformations congénitales qui peuvent aboutir sur une stérilité. Il est à noter que 25% des infections bactériennes sexuellement transmissibles donnent des salpingites, et 17% des salpingites donnent une stérilité tubaire.

Enfin, l’environnement influe sur la fécondité, le tabac ou certaines causes nutritionnelles sont évoquées dans certains cas.

Les grandes causes masculines :

Responsables de 20 à 40% des infertilités du couple, les causes masculines sont pour la plupart liées aux anomalies du sperme. Le défaut de production de spermatozoïdes peut être du à un défaut de production d’hormones, parfois couplé avec un diabète ou une hypothyroïdie. Là encore, les causes sont multiples et vont des infections due au virus des oreillons, aux traumatismes en passant par les ectopies (localisations anormales) testiculaires. L’âge, le tabac, les toxiques, et même la chaleur peuvent compromettre la fécondité de l’homme.

Il existe aussi des causes mixtes qui représentent 20 à 40% des cas. Il peut aussi être parfois question d’incompatibilité immunologique entre le sperme et la glaire cervicale (au niveau du col de l’utérus, il s’agit d’une barrière naturelle qui permet de « sélectionner » les spermatozoïdes qui entrent dans l’utérus). On pratique ce que l’on appel le test post coïtal, cet examen est important et sera pratiqué par le médecin des la deuxième ou troisième consultation. Il est réalisé 12 à 20 heures après un rapport. Il s’agit d’un prélèvement au niveau du col qui renseigne à la fois sur la qualité de la glaire et sur le nombre de spermatozoïdes qui peuvent la traverser. Il sera donc pratiqué dans le cadre de la première série d’explorations d’une infertilité au même titre que la courbe de température, de l’échographie de première intention ou encore le spermogramme, si la cause d’infertilité n’est pas évidente.

Affronter le problème :

Les démarches médicales sont longues, fastidieuses, souvent parsemées d’échecs avant d’avoir un résultat. Autant dire qu’il faut faire face à deux, le médecin prend en charge un couple et non un seul patient. Il n’y a aucune place à la culpabilisation, à l’autoaccusation ou à la remise en cause de la féminité ou de la virilité de l’un des partenaires. La prise en charge varie évidemment en fonction de la cause de l’infertilité, et la batterie d’examens à subir avant de la déterminer peut être une longue liste. Heureusement, un interrogatoire soigneux peut dans beaucoup de cas orienter le diagnostic. 15% de l’ensemble des couples sont infertiles, et la médecine permet de réduire ce chiffre à 4%, qui demeureront stériles. Ainsi, vaincre l’infertilité est une épreuve psychologique autant que technique. Enfin, il faut se poser la question « est ce que je veux avoir un enfant ? » tôt dans sa vie, car ceci est une décision qu’il faut commencer à réaliser avant que la médecine ne devienne le seul recours.

 

Oussama Ziouchi