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Algérielle en Arabe | mercredi 22 novembre 2017

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Publié jeudi 4 août 2016 13:04 3440 Lectures

Femmes aguicheuses : les apparences sont trompeuses

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Selon la définition que l’on retrouve dans le dictionnaire, une femme aguicheuse est une femme tentatrice, charmeuse ou excitante.

 

Dans notre société, bien qu’il existe ce genre de femme, d’autres, sont également assimilées à des femmes aguicheuses, simplement parce qu’elles affichent coquetterie, assurance et esprit libre.

Libre mais pas trop
Etre qualifiée de femme aguicheuse est loin d’être un compliment. Pire, dans une société conservatrice comme la notre, une femme « aguicheuse » se voit jeter toutes sortes d’anathèmes pour peu qu’elle ose sortir du moule des « convenances ».


Samia, 38 ans en sait quelque chose. Native d’une ville côtière, située à une centaine de km d’Alger, cette jeune femme est arrivée dans la capitale, pour y poursuivre ses études universitaires. Loin de sa famille et de ses proches, elle a dû consentir beaucoup de sacrifices pour pouvoir se construire une vie à Alger. « Lorsque je suis arrivée, j’étais jeune. J’étais en cité universitaire pendant quatre ans, le temps d’une licence. Une fois mon diplôme en poche, j’ai cherché, trouvé du travail et loué un appartement. Mes parents m’ont un peu aidé financièrement au début puis m’ont dit de me débrouiller. Mais si ma famille m’a entièrement fait confiance sur mes choix vestimentaires et mes choix de vie, je n’en dirai pas autant du voisinage, des collègues et des gens en général. En fait, vivre seule, être indépendante, travailler tard et rentrer le soir à la maison, en a fait jazzer plus d’un. Pire, le fait d’être coquette, de m’habiller de façon moderne, de me maquiller et de me teindre les cheveux fait de moi, aux yeux de certains, une fille facile et pas de bonne famille. Pourtant, c’est loin d’être le cas, vu que je n’ai jamais invité un homme chez-moi, je reste discrète sur mes relations amoureuses et je ne dépasse jamais mes limites avec mes collègues. Mais même là, certaines femmes par jalousie n’hésitent pas à me coller des étiquettes, simplement parce que je suis toujours tirée à quatre épingles et que j’accorde beaucoup d’intérêt à mon apparence physique et à ma façon de me vêtir ». Samia avoue avoir changé de lieu d’habitation et de travail à plusieurs reprises « mais je ne suis pas prête à changer d’apparence pour plaire aux autres, jamais ».


Marre du regard des autres
Moins jusqu’au boutistes que Samia, beaucoup de femmes ont préféré céder à la pression sociale, plutôt que de ramer à contre-courant des idées conservatrices ambiantes. C’est le cas de Meriem, 36 ans. « J’ai décidé, il y a trois ans de porter le hidjab, j’avoue que ce n’était pas par conviction mais plutôt par contrainte. Avant, je portais souvent des robes et des jupes, j’avoue que j’aimais beaucoup le court, mais cela m’attirait souvent des ennuis. Dans la rue, je me faisais insulter et traiter de tous les noms et au bureau, les hommes pensaient que c’était un appel de ma part pour qu’ils me fassent des avances, quant aux femmes, elles me fuyaient comme la peste car selon elles, je faisais mauvais genre. Face à la pression que je subissais au quotidien, j’ai décidé de porter le foulard car j’en avais marre. Il m’arrive, aujourd’hui, de regretter ce choix radical car décidé sur un coup de tête mais ce qui est fait est fait. Ce que je déplore par contre, c’est que, maintenant, je passe pour une vertueuse aux yeux de tous, or, rien n’a changé en moi, sauf ma façon de m’habiller. Les gens s’arrêtent trop aux apparences et c’est dommage ».


Alors, soyons plus tolérants et plus ouverts car, comme le disait si bien Simone de Beauvoir : « Une femme libre est exactement le contraire d’une femme légère ».


Kamir B.