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Publié mercredi 21 décembre 2016 14:09 2743 Lectures

Parlementaires algériennes : entendre la voix des femmes

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Sur les 462 députés siégeant à l’Assemblée populaire nationale (APN), 146 sont des femmes soit un peu plus de 31 %.

 

Ce pourcentage qui place l’Algérie en tête des pays arabes et en bonne place dans le reste du monde reste différemment apprécié par la sphère politique, les uns estimant que l’Algérie a accompli une avancée considérable dans le domaine -en 2007, l’APN comptait seulement 8% de femmes députées-, et les autres espérant atteindre un jour la parité.

Système des quotas

Longtemps à la traîne avec seulement 8% de députées durant la législature 2007-2012, l'Algérie est parvenue, grâce à la loi sur les quotas dans les assemblées, à redresser le gouvernail. En novembre 2009, le président Abdelaziz Bouteflika décidait, en effet, d’amender la constitution algérienne en y ajoutant l’article 31 bis. Très attendu par la classe politique, le projet de loi organique relatif à la présence des femmes sur les listes électorales, proposé en juin de la même année, concernait un quota de pas moins de 30% de représentation des femmes sur les listes électorales. Depuis, la proportion de femmes parlementaires a dépassé le seuil des 31%, la plus importante du monde arabe.

La femme au centre des débats

Bien-sûr, cette loi sur les quotas n’a pas fait que des heureux au sein de l’hémicycle car il était évident que ces députées, fraîchement élues, allaient avoir comme cheval de bataille la condition de la femme algérienne, ce qui n’était pas du goût de certains représentants de partis dits conservateurs. Et, effectivement, la question de la violence à l’égard des femmes ainsi que la révision du code de la famille ont été les deux dossiers à être remis sur la table des parlementaires mais ils ne seront pas défendus par toutes les députées avec la même verve.

Ainsi, par exemple, certains partis notamment islamistes ont beaucoup œuvré pour faire capoter le projet de loi sur la violence contre les femmes car, selon eux « ce texte est contraire aux préceptes coraniques et vise la dislocation de la famille ».

Pourtant, la loi finira par être adoptée le 5 mars 2015, au grand dam de ses détracteurs et, quelque part, la voix des femmes parlementaires aura été entendue sur cette question. Malheureusement et pour ce qui est du code de la famille, depuis sa révision en 2005, il est resté inchangé, malgré les nombreuses discriminations à l’égard des femmes qu’il comporte.

Parler avec la même voix

« L’union fait la force » dit l’adage populaire mais, en définitive, c’est ce qui fait défaut au sein des parlementaires qui défendent plus la politique de leur parti que la cause des femmes même si, celle-ci est entendue et qu’elles sont elles-aussi concernées.

De ce fait, tant que les préoccupations de la femme algérienne ne seront pas vues à partir d’un même angle par toutes les élues, un consensus autour de la défense de ses droits les plus élémentaires restera impossible. Et tel que le préconisera la militante féministe Nadia Aït-Zaï : « «Les femmes ont besoin de constituer un front qui transcende les idéologies».

Kamir B.