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Publié mardi 15 novembre 2016 10:23 2288 Lectures

Travail : des inégalités qui ont la vie dure

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L’amélioration du niveau d’études des femmes, les postes de plus en plus élevés qu’elles occupent donnent l’illusion que la condition féminine s’est beaucoup améliorée en Algérie. Si c’est en partie vrai, il reste néanmoins beaucoup à faire, notamment en termes de salaire.

 

La France toujours en retard, et l’Algérie ?
Lundi 7 novembre 2016, un collectif féministe a proposé que les femmes actives s’arrêtent de travailler à 16h34 précisément afin de protester contre les in égalités salariales entre hommes et femmes à poste égal et à égale formation.
Pourquoi 16h34 ? Parce que ce collectif a calculé que c’est à cette heure précise qu’elles ne sont théoriquement plus payées, alors que les hommes continuent de l’être jusqu’à au moins 17h00. En effet, il existe une différence de salaire de 10 à 15 % entre hommes et femmes pour un même poste.
Ce même collectif a calculé que les inégalités salariales ne seront pas complètement éliminées avant 2186. 2186 !! En France !! Alors qu’en est-il en Algérie ?
L’Algérie n’est pas la France, loin de là. Si la France connaît des disparités de salaires entre hommes et femmes, chez nous il convient mieux de parler de gouffre salarial. D’ailleurs il est difficile d’estimer la réalité de cette différence à cause du manque de statistiques fiables, du tabou lié au salaire, mais aussi en grande partie à cause du travail non déclaré.

Des différences qui tiennent à notre culture
En Algérie tout le monde trouve normal qu’une femme soit moins payée qu’un homme. Nous vivons dans une société patriarcale, c’est l’homme qui fait bouillir la marmite de la famille (en théorie), alors pour nous il est logique qu’il soit payé plus. Chez nous la Famille est sacrée et il faut la protéger coûte que coûte, même au prix d’une inégalité criante.
Pourtant nous savons bien que de nombreuses femmes travaillent pour apporter le seul salaire fixe du foyer ; et malgré cela, dans l’esprit populaire, le salaire de la femme est toujours un revenu d’appoint, le « beurre dans les épinards » et rien de plus. Comme si pour elle le travail était un jeu, une occupation, rien de plus.

Des employeurs complices de ces inégalités
Celui qui paie le salaire, c’est l’employeur : à poste et à formation équivalente, il paiera toujours plus l’homme.
Pourquoi ? La première raison est que potentiellement il s’absentera moins que sa collègue femme. Pas de congé maternité, ce n’est pas lui qui s’occupe des enfants quand ils tombent malades, c’est rarement lui qui demande à partir plus tôt pour récupérer les enfants à l’école.
Et puis il y a ce rapport d’homme à homme, toujours plus simple, plus fluide qu’avec une femme.
Quand il est mécontent du travail d’un homme, il sait immédiatement comment lui parler. Alors qu’avec les femmes, il faut prendre des pincettes, des précautions.
La place de la femme algérienne dans le travail n’est pas encore une évidence, elle est fragile. Il faut encore « inventer » les codes qui lui permettront de s’affirmer sans heurter l’égo masculin, et sans heurter son amour- propre (à elle).


Le problème ce ne sont pas ses diplômes, ce n’est pas son temps de présence au bureau ; le problème c’est que son collègue homme n’a pas d’autre maître sur Terre que lui- même. Il est libre de faire comme bon lui semble, libre de créer et d’imaginer. La femme quant à elle, aussi diplômée soit elle, et même si elle n’est pas mariée, doit rendre des comptes à un homme. Son esprit est bridé par ses responsabilités, vis-à-vis de sa famille et du reste de la société.


Elle ne sera jamais considérée et payée aussi bien que les hommes tant qu’elle ne sera pas aussi libres qu’eux…et ce n’est pas pour demain dans notre pays.

Sonya