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Publié jeudi 21 mai 2015 12:09 3156 Lectures

Serouel Mdawar : un pantalon né en…Perse

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Serouel chelqa ou serouel mdawar, n’ont jamais disparu des traditions vestimentaires des Algéroises. 

 

Bien qu’il se fasse assez rare au quotidien, contrairement à jadis, le serouel demeure incontournable lors des fêtes et cérémonies familiales où les femmes le portent avec beaucoup d’élégance et de fierté, surtout.


Porté, chez-nous, depuis plusieurs siècles, ce vêtement tire, pourtant, ses origines de la région persique. Suivant la route de l’ambre (ancienne route de la soie), il arrive en Afrique du nord. Pour les hommes, premiers à l’adopter de ce côté-ci de la Méditerranée, il est le vêtement idéal car pratique pour monter à cheval et vaquer aux besognes quotidiennes, sans être gêné. De plus, le fait qu’il soit serré aux chevilles, permettait une protection contre les scorpions ou les serpents pouvant se glisser à l'intérieur du vêtement.


Il sera ensuite introduit dans les habitudes vestimentaires de la gent féminine, notamment durant l’occupation ottomane, trouvant là, le vêtement idoine pour les tâches ménagères. En effet, le serouel chelqa ou la version « maison » du serouel algérois est léger et pratique. Plié des deux côtés à mi jambes, il facilitait le mouvement des jambes, aider à dépêcher la marche, monter les escaliers et à s'assoir sans gêne, d'où son autre appellation « serouel el qaâda ».


Quand la France adopte le serouel


Sous le second Empire, l’Armée française fait porter à ses régiments de Zouaves des pantalons bouffants, retenus par des bandes molletières et des bottes lacées.


A partir de la guerre de 14-18, ce pantalon se popularisera en Occident lorsque des régiments entiers de tirailleurs sénégalais venus d’Afrique débarquent sur le sol français. Dès lors, les femmes européennes vont s’y intéresser. Le serouel aura très vite le vent en poupe grâce à un certain Paul Poiret qui, séduit par sa touche exotique, n’hésitera pas à le faire porter aux femmes de la haute société hexagonale. Il ira même jusqu’à créer quelques modèles pour le célèbre danseur russe Nijinsky dont il sera fasciné par le talent. Ce dernier triomphera d’ailleurs en 1909 avec son ballet russe de Diaghilev, sur la scène du Châtelet à Paris dans un spectacle intitulé « Shéhérazade ». Nijinsky et les autres danseurs portaient des serouels créés par Poiret.


De serouel zenqa à serouel mdawar


En 1900, le fameux serouel zenka qui, comme son nom l’indique, était destiné aux sorties, était réalisé avec 12 mètres de tissu (6 mètres pour chaque jambe) et boutonné tout au long de la jambe et retenu à la cheville. Avec le temps, sa coupe sera modifiée car le grand nombre de métrage le rendait lourd et donc assez gênant. C’est ainsi que naît le serouel mdawar, confectionné d’abord avec 6 mètres puis avec 3 ou 4 mètres de tissu et cousu en une seule pièce. Froncé par un cordon glissé dans l’ourlet de la ceinture, il est retenu par des cordons attachés aux genoux.


Recherchant un peu plus de modernité, ce serouel sera supplée par le serouel chelqa avec ses 2 mètres et demi de largeur et deux fentes de chaque côté laissant apparaître les jambes.


Aujourd’hui, les mariées de la région centre du pays (Alger, Blida, Koléa, Cherchell, Médéa…) ne conçoivent pas leur tesdira sans le fameux caraco porté avec un serouel mdawar ou chelqa.


Kamir B.