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Mariage > Les préparatifs

Publié mercredi 12 juin 2013 14:15 5593 Lectures

Mariage en Algérie : que d’exigences !

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Dans les sociétés arabes -et dans la nôtre, en l’occurrence-, une relation entre deux jeunes gens de sexes opposés doit obligatoirement passer par la case mariage.
Quelle que soit la région d’Algérie, cette cérémonie est connue pour être longue et coûteuse car l’union des deux familles ne se fait, souvent, qu’au terme d’une longue période de fiançailles durant laquelle le jeune prétendant débourse de grandes sommes d’argent en cadeaux (mhiba,…) avant de pouvoir, enfin, ramener sa dulcinée sous son toit.

Histoire de dot
Pour que le mariage soit validé, une dot doit être versée par le mari à la femme (et non aux parents de cette dernière). L’épousée peut en disposer selon sa convenance. Dans la Sourate 4 du Saint Coran, il est écrit : «(…) Assignez librement à vos femmes leurs dots ; et s’il leur plaît de vous en remettre une partie, jouissez-en commodément et à votre aise». Par ailleurs, et selon le code de la famille algérien, il est clairement stipulé dans l’article 9 que : «le mariage est contracté par le consentement des futurs conjoints, le mariage du tuteur matrimonial et des deux témoins ainsi que la constitution de la dot».

Le mariage au dinar symbolique
Il y a plusieurs années de cela -et à de rares exceptions près-, la main d’une fille était accordée contre un dinar symbolique et…«lehna» (le bonheur). Il n’était pas question de ruiner le jeune prétendant qui, la plupart du temps, n’était qu’un simple fonctionnaire travaillant dur pour gagner sa vie. Les mariages duraient plus longtemps d’ailleurs car, reposant sur des bases solides. Aujourd’hui, le mariage est loin d’être chose facile car, outre les frais induits par la cérémonie du mariage en elle-même, la dot est de plus en plus difficile à assumer par les prétendants et leurs familles au vu des exigences des futures mariées. Dans certaines régions plus que dans d’autres, qui dit dot, dit petite fortune et on est loin de l’époque du dinar symbolique.

A l’est du pays, à Sétif, par exemple, celui qui décide de convoler en justes noces doit, avant de se lancer dans cette grande aventure, mettre de côté une coquette somme d’argent pour pouvoir répondre aux multiples exigences de la future mariée et surtout de sa famille. En effet, dans cette région, le père n’accorde pas la main de sa fille à moins de 120 000DA voire plus, ceci concernant l’argent car, ce n’est pas tout, le courtisan devra également offrir à sa fiancée deux quintaux de laine, des bijoux, des Louis d’or, en plus, de la prise en charge du repas de fête de la mariée, (deux gros moutons avec des cornes, deux quintaux de semoule, des légumes, de l’huile…) et quand on sait que la cérémonie dure sept jours, il est facile d’imaginer les frais que cette fête peut induire.

Idem pour Tlemcen où l’on ne peut contracter un mariage, sans adjoindre à la dot de l’épouse la blouza purement locale, en plus du caftan, cet habit traditionnel, qui vaut son pesant d’or et qui est indispensable pour le «défilé» (tesdira) de la mariée. La nuit des noces, l’heureuse élue porte cet apparat auréolé de deux jbines (couronne), de trois zerouf (sorte de perles), une kchéchia, el khorssa (espèce de boucles d’oreilles qui «tombent» des tempes) et la panoplie de djouher, une meskia et une fouta en mensoudj. Une chedda qui revient à plus de 200 000DA. Une fortune pour les bourses moyennes.

Heureusement qu’il existe des exceptions où l’on facilite la demande du prétendant pour ne pas entraver l’union des deux jeunes gens. C’est le cas, par exemple, en Kabylie où les familles n’exigent que le minimum. En fait, il ne s’agit pas de «bradage» comme tendent à le penser certains mais plutôt de bon sens.
La société devenant de plus en plus matérialise, il est rare de voir des familles ne pas exiger le «gros lot» pour leur fille, notamment quand le prétendant se trouve être issu d’une grande famille ou simplement lorsque, lui-même, a un poste bien rémunéré.

Toutefois, ces grosses exigences en matière de dot laissent souvent un goût amer en travers de la gorge des jeunes mariés, ce qui ne manque pas de susciter des tensions au sein du couple dès les premiers mois de la vie maritale.

Kamir B.