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Publié lundi 6 février 2017 12:07 4957 Lectures

Couple : c’est moi qui le fais vivre

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Traditionnellement, on pense que la femme doit être à la maison pour s’occuper des enfants et du ménage, et que l’homme doit être dehors pour gagner l’argent du foyer. Mais la réalité de notre société actuelle est bien plus diverse que cela. Dans un nombre toujours plus grand de familles c’est Madame qui s’y colle, parfois de gré, parfois de force.

 

« Le bon vieux temps»…
C’est le temps de nos grands- mères et de nos mères même, quand on voyait le papa sortir de bon matin pour aller gagner la croûte de sa famille, été comme hiver, malade ou en bonne santé.


Les hommes d’alors, bien souvent sous- éduqués, acceptaient toutes les tâches, toutes les corvées, pourvu que les enfants aient de quoi manger.


La femme était considérée comme un être fragile, presque sacré, qu’il fallait protéger : c’était à l’homme d’encaisser les « chocs », toutes les difficultés de la vie.


Aujourd’hui les choses ont complètement changées.

Quand la femme s’émancipe
Depuis ces vingt dernières années notamment, la femme algérienne s’est beaucoup émancipée : elle étudie et atteint bien souvent un niveau universitaire, elle travaille et accède à des postes toujours plus élevés dans la hiérarchie…elle est entrepreneur, médecin, avocate, ingénieur, diplomate, ministre…


Même s’il faut admettre qu’il persiste une inégalité salariale entre hommes et femmes, ces dernières étant bien souvent moins bien payées que leurs homologues masculins pour un même poste, cela n’empêche qu’elles ont désormais les moyens de subvenir aux besoins d’une famille.


C’est à ce point des choses que l’équilibre familial change et parfois bascule.

Le monde à l’envers
De nombreux jeunes hommes, arrivés à l’âge de se marier, restent sans emploi, sans logement, et se retrouvent donc dans l’incapacité de fonder un foyer. Les filles attendent désespérément leur prétendant, qui ne vient pas…


Alors elles décident de prendre les choses en main, d’agir au lieu de subir, car pour elles les années défilent et emportent avec elles leurs espoirs de famille, d’enfants.


Fatima- Zohra, 36 ans, employée de banque raconte : « Fateh et moi nous fréquentions depuis plusieurs années ; il n’a jamais eu d’emploi fixe parce qu’il s’ennuie vite au travail et se lève rarement tôt. C’est moi qui lui ai proposé le mariage, je lui ai dit que grâce à mon salaire fixe, il pourrait travailler à son rythme ; son salaire serait un complément variable, voilà tout. Mais après le mariage, que j’ai financé en grande partie, son salaire est passé de variable à inexistant. Et la donne a changé entre nous… »


Les femmes prises au piège de leur évolution
Elles ont voulu échapper à la fatalité du célibat en participant, parfois beaucoup plus que l’homme, aux charges du foyer. Certains hommes ont considéré cela comme une autorisation à ne rien faire de leurs journées. Pourquoi se fatiguer à bosser quand on a une femme qui a un salaire, qui va faire les courses, paie les factures, élèvent les enfants ?


Pour Soraya, 34 ans, ce fut un vrai piège : « Il ne voulait plus d’enfants parce qu’il ne fallait surtout pas que j’arrête de travailler, ce que j’aurais été obligée de faire avec deux enfants ou plus. Il avait organisé ses journées avec ses copains, trainaient ici et là en ville, et surtout il n’oubliait jamais de demander son argent de poche qu’il appelait pudiquement « sa journée ». Si je me plaignais de la situation, il me répondait que c’est moi qui l’avais voulu. J’ai fini par comprendre qu’en voulant l’aider plus que de mesure, je l’avais déposséder de son rôle d’homme, de père, du rôle de celui qui fait bouillir la marmite…et ça c’était grave.


En effet, les hommes entretenus ont l’impression de ne plus servir à rien, de ne plus avoir leur mot à dire au sein de leur foyer puisque ce ne sont pas eux qui paient.


Ils sont virtuellement émasculés : alors que l’on croyait que les hommes se satisfaisaient très bien de la situation (et pour certains c’est le cas), en réalité ils souffrent de ne pouvoir offrir à leur femme la vie dont elle rêve, un foyer stable et sûr pour élever des enfants.

Sonya