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Algérielle en Arabe | lundi 25 septembre 2017

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Publié mercredi 25 septembre 2013 13:20 6389 Lectures

La double vie de mon mari: moi hidjab, elle casquette

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Mon mari et moi sommes mariés depuis déjà quelques années. Nous avons deux enfants et toute la vie devant nous comme on dit.

Mon mari est très strict quant à mes tenues qui doivent être discrètes ; il m’a imposé de porter le foulard et a exigé que j’arrête de travailler assez tôt dans notre mariage, en fait dès que mon premier est né. J’ai interdiction de sortir sans son autorisation et il surveille avec attention mes fréquentations. Si une amie ou une voisine ne lui plaît pas, j’ai interdiction de la revoir  ou même de lui parler. Ma vie à ses côtés est verrouillée, mais j’ai toujours pensé qu’il considérait qu’il faisait cela pour mon bien. Quant à lui, il va prier à la mosquée quotidiennement, le bon père de famille pieu en qui on ferait toute confiance.

En réalité, tout  cela n’était fait que pour soigner les apparences : nous devions être une petite famille modèle afin que personne ne se doute de ce qu’il « trafiquait » à l’insu de tous. Moi qui vivait avec lui sous le même toit je ne m’étais aperçue de rien, jusque ces derniers mois.

Il se plaignait d’être toujours à court d’argent, alors qu’il a un commerce florissant. Je ne pouvais me douter qu’il faisait des cadeaux somptueux à une autre que moi. Il s’enfermait pour parler au téléphone pendant parfois presque une heure, et quand je lui demandais qui c’était, il me disait que cela ne me regardait pas.

Ma conviction était faite, il avait bien une maîtresse, même s’il continuait de nier. Je me morfondais et me demandait comment j’allais faire face à cette situation à laquelle je ne m’étais pas préparée.

Mais le pire était encore à venir.

Un jour, une jeune femme frappe à ma porte. Elle me dit être la petite amie de mon mari. Elle vient tout déballer de leur relation dans l’espoir que je le quitte de moi- même. Apparemment, il refuse de le faire, il tient trop à l’image de famille parfaite qu’il a créé.

Elle n’était pas du tout comme je me l’étais imaginée. Je pensais qu’elle me ressemblerait, de près ou de loin, mais en fait pas du tout.

C’est un tout autre genre. Elle est beaucoup plus jeune que moi, d’au moins dix ans ma cadette. Elle porte des vêtements moulants et des talons très hauts. Elle est très parfumée, d’une fragrance chère. Un sac hors de prix pend à son bras, « un cadeau de Nounou », mon mari, le père de mes enfants. Elle mâche sans cesse un chewing-gum qui a dû être à la fraise.

J’étais atterrée de constater à quel point nous étions différentes et que celle qu’il s’était choisi était si différente de moi, comme s’il me reniait, comme si tout ce qui était moi était contraire à ses réelles attentes.

Elle continue de parler.  Elle parle beaucoup, vite…sans tabou.

Elle m’explique qu’étant plus âgé, il n’était pas très vigoureux au lit et qu’il avait dû aller chez l’herboriste pour se faire faire un remède pour réussir à la satisfaire.

J’étais au bout du rouleau, je ne pouvais en écouter davantage. Toute ma vie n’avait été qu’une mascarade, une mise en scène et pourtant cette fille la voulait, ma vie. Ma vie de bobonne bien tranquille qui obéit au doigt et à l’œil.

Je voulais me sortir de cette situation avec le peu de dignité qui me restait ; je lui ai donc demandé de partir le plus calmement du monde mais en lui précisant bien que je n’allais pas me laisser enlever le père de mes enfants sans réagir.

Lorsqu’il est rentré en fin de journée et que je lui ai raconté cette étrange rencontre, il a eu l’air soulagé, après un bref moment d’hésitation, et pas le moins du monde il n’avait eu l’air coupable. Ce serait plus pratique pour lui que je sache après tout.

C’est alors que j’ai compris que je l’avais définitivement perdu et qu’il ne me restait plus qu’une chose à faire, le quitter.